Mon histoire

Ma méthode en photographie thérapeutique est le fruit de mon histoire. L’histoire d’une fille qui avait peur de se montrer, de parler, qui avait l’impression de penser à l’envers des autres. Il me semblait que je n’étais pas suffisante, que mes paroles étaient idiotes, que je ne comprenais rien. Être une bonne élève à l’école n’était pas suffisant pour me faire comprendre que je ne devais pas être si bête que ça et que je pouvais être à la hauteur.

Quelque part, j'ai voulu me prouver — à moi-même d'abord. En faisant de hautes études universitaires et de la recherche, en empruntant un cursus que peu auraient tracé ainsi : du droit pénal à la criminologie, puis vers la photographie thérapeutique et l'accompagnement à l'acceptation de soi et de l'image. Un parcours surprenant, mais relié par un fil rouge tenace : je suis passée de l'ombre à la lumière. D'abord en étudiant les aspects les plus obscurs de l'être humain, puis en choisissant de les accompagner sur le chemin de l'acceptation et de l'amour de soi.

Sur ce chemin, je me suis ouverte. J'ai appris à me connaître, à comprendre mes mécanismes, mes défenses. D'où venait cette foutue peur en moi ? J'ai appris à me mettre en avant, à me faire confiance, à affirmer qui j'étais — telle que j'étais.

Ce que j'ignorais encore, c'est que ce chemin avait un nom que je n'avais pas encore.

Il m'a fallu vingt ans pour prendre à bras le corps ma neuro-divergence. Vingt ans, plusieurs dépressions, et une longue recherche identitaire pour comprendre enfin pourquoi je percevais le monde différemment depuis l'enfance. Pourquoi je captais tout — trop, vite, en plusieurs couches simultanément. La photographie et l'écriture ont été pour moi des médiums essentiels dans cette exploration : des portes d'accès à mes profondeurs, des outils pour approcher qui j'étais vraiment, sous le bruit.

La découverte tardive de mon haut potentiel intellectuel a tout éclairé — ou presque. Cette sensation de décalage permanent, cette façon de penser en arborescence, cette intensité que je portais comme un fardeau… c'était aussi une capacité. Celle de saisir les choses rapidement, de façon multidimensionnelle, de relier là où d'autres voient des ruptures.

On parle parfois de philo-laminaires — ces individus qui ne pensent pas en ligne droite mais en flux, en nappes, en strates superposées, et qui trouvent leur chemin non pas malgré leur complexité intérieure mais à travers elle. Je me suis reconnue dans cette image. Et j'ai compris que mes client.es, si souvent neuro-atypiques, hypersensibles, à haut potentiel, traversaient eux aussi cette même quête : trouver leur cohérence là où le monde leur avait appris à se voir comme incohérents.

L'entrepreneuriat a fait le reste. Si je voulais vivre de ce qui m'animait, je n'avais pas d'autre choix que de me montrer, de communiquer mon message, de m'exposer. Forte de cette expérience — et de celle de mes client.es toujours plus nombreux.ses à me partager leurs préoccupations face à leur image — j'ai créé des accompagnements spécifiques, complets, et à ma manière : en douceur, en prenant le temps de ce processus de mise en lumière de soi.

Aujourd'hui, je souhaite qu'un maximum de personnes puissent rayonner et impacter le monde en étant confiantes dans leur valeur et leur voix unique. Parce que j'ai fait moi-même ce chemin. Parce que je sais ce que ça coûte — et ce que ça libère.

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